«Neu, Nouveau, Novità» - Contrairement aux apparences, il ne s’agit pas du slogan d’une grande surface locale, mais du 4e (déjà!) album de Fusion Square Garden (FSG), le pionnier du reggae chanté dans le dialecte bernois.
Le groupe FSG fait office de pionnier du reggae suisse, non sans raison. La formation du groupe par le chanteur Mauro Corchia et deux de ses amis remonte aux années 90. À l’époque, le reggae
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«Neu, Nouveau, Novità» - Contrairement aux apparences, il ne s’agit pas du slogan d’une grande surface locale, mais du 4e (déjà!) album de Fusion Square Garden (FSG), le pionnier du reggae chanté dans le dialecte bernois.
Le groupe FSG fait office de pionnier du reggae suisse, non sans raison. La formation du groupe par le chanteur Mauro Corchia et deux de ses amis remonte aux années 90. À l’époque, le reggae est inconnu dans le pays. Les trois jeunes hommes parviennent tout de même à décrocher un contrat dans une maison de disques grâce aux titres accrocheurs et authentiques de Mauro Corchia. L’album «Di Glychi Gschicht» (muve/balik) propulse les trois Bernois sur les scènes des clubs et festivals de toute la Suisse. Le public les découvre entre autres lors des festivals Open Air de St-Gall et Gampel, accompagnés en live par des musiciens expérimentés de la scène reggae de Bienne.
Le single «Lieber Hüt» témoigne aujourd’hui encore sur de nombreuses stations radio des débuts «roots» de FSG.
Le «roots reggae» est prédominant sur le deuxième album des Bernois, «Cosa Nostra» (2002, muve/mv). Rien d’étonnant à cela: certains titres ont été envoyés en Jamaïque et mixés dans les studios légendaires Tuff Gong de Bob Marley à Kingston. Des lignes d’instruments à vent ont même été ajoutées. Le résultat est une production d’une qualité exceptionnelle. Mais ce n’est pas l’unique point fort de ce disque: un autre pionnier du reggae suisse a accepté de participer à l’aventure. Polo Hofer, amateur de reggae et fan de FSG depuis leurs débuts, signe avec Mauro Corchia un duo dans la pure tradition de Rumpelstilz sur le single «So viu Glück».
Après quatre années d’absence, les membres de FSG, désormais au nombre de sept, reviennent en 2006 avec un troisième album, une étape délicate dans la vie d’un artiste, souvent jugée décisive pour une carrière. «Dä Wo’s Het» (SonyBMG) diffère à bien des égards des deux précédents opus. L’arrivée d’Adri Angelucci dans le groupe y est pour beaucoup: le rappeur intègre de nouvelles sonorités «black» – hip-hop, ragga et autres – à la musique de Fusion Square Garden. Après plusieurs singles, la première entrée du groupe dans les charts et notamment le hit de l’été «Vagabondo», ce troisième album, loin de signer l’arrêt de mort de FSG, sert de tremplin au groupe bernois.
Ce même titre, «Vagabondo», a permis aux musiciens de FSG de témoigner publiquement de leur plurilinguisme, auquel ils accordent une grande importance. Ce titre léger aux sonorités méditerranéennes, fredonné en italien, a occupé tout l’été la première place des charts sur les ondes suisses. Le public a alors découvert en FSG, jusqu’alors perçu comme une formation à l’identité locale, un groupe polyglotte. Le plurilinguisme est depuis devenu sa marque de fabrique. Le nouvel album insiste d’ailleurs une fois de plus sur ce trait caractéristique. Ainsi, Mauro Corchia, un «enfant de l’immigration», réunit l’italien et le dialecte bernois dans un mélange unique qui rend nos voisins immigrés du Sud si sympathiques. Adri Angelucci – lui aussi né en Italie – a quant à lui lorgné à l’ouest: il a grandi en Romandie et préfère rapper en français. Différents artistes invités viennent enfin enrichir le répertoire linguistique de FSG.
Le groupe a su une fois de plus s’entourer d’invités de grand calibre sur son dernier album: les Bernois ont fait appel à Jaba, chanteur et leader du groupe neuchâtelois «Moonraisers» et pionnier du reggae de l’autre côté de la barrière de rösti. Sa voix inimitable confère au single radio «Babylon Style» un son encore plus jamaïcain. Nino G., rappeur et légende internationale du beatbox, fait résonner ses rimes italiennes et son beatbox incomparable dans «Corri». Le rappeur américano-capverdien Shun Danger apporte quant à lui une touche de hip-hop américain au titre «Cosa Fai». Le rappeur bernois Bazea vient clore la liste des «special guests» de talent. Avec «Mini Droge», il donne au hip-hop en patois la place qu’il mérite dans la musique de Fusion Square Garden.
Comme sur les précédents albums, les influences hip-hop et ragga du nouvel opus des Bernois sont évidentes. Pourtant, lors de la préparation de «Neu, Nouveau, Novità», les producteurs et compositeurs Mauro Corchia et Matthias Urech sont progressivement revenus à leurs origines: alors que «Dä Wo’s Het» laissait paraître une certaine incertitude et un revirement vers un nouveau style, leurs nouvelles compositions sont de purs morceaux de reggae. Les deux têtes pensantes de FSG ont su intégrer habilement leur penchant pour la diversité aux rythmes «off beat» et sont ainsi parvenus à une homogénéité qui surprend compte tenu des multiples styles représentés. «Madame Koto» rend hommage à la musique africaine, «Corri» et «Mini Droge» se prétendent clairement des titres hip-hop, «Albtroum» se classe dans la catégorie ragga et «Cosa Fai» est incontestablement destiné aux clubs. Ajoutez à cela les solos jazzy et les refrains entraînants qui font le bonheur des fans de FSG et des stations de radio depuis huit ans. A-t-on ici affaire à une cacophonie babylonienne? Pas du tout. Cette musique se situe quelque part entre Berne, Kingston, New York ou le Cap, dans un lieu idéal: le Fusion Square Garden
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Reduire]